Pierre Bompard : le peintre qui fit entrer l'océan dans les palais de la République
đ Il naĂźt Ă Verdun en 1890.
Oui.
Verdun.
Cette terre de mémoire.
Cette terre de courage.
Mais dans sa tĂȘte, dĂ©jĂ , soufflent d'autres vents.Pas ceux des champs.
Pas ceux des villes.
Les vents du large.
Les vents de la mer.
đ„
Le jeune Pierre monte Ă Paris.
Direction l'AcadĂ©mie Julian.LĂ oĂč l'on taille les artistes comme des capitaines forgent leurs navires.
Il apprend.
Il observe.
Il dessine.
Il travaille.
Encore.
Toujours.
Pendant que d'autres rĂȘvent de gloire, lui remplit des carnets.Le tambour commence doucement.
đ„
Le voilà au Salon des Indépendants.
Puis viennent les Tuileries.
Les grandes expositions.
Les regards des critiques.Les collectionneurs.
Les commandes.
Le jeune peintre est désormais dans le port des grands artistes français.
⚓
Et soudain la mer entre dans sa vie.
Pas une petite vague.
Une marĂ©e.Une tempĂȘte.
Un océan entier.
Pierre Bompard devient le peintre des navires, des quais, des pĂȘcheurs et des horizons salĂ©s.
Il regarde les ports comme d'autres regardent les cathédrales.
Pour lui, une coque de bateau vaut un monument.
Une voile vaut un drapeau.
Un marin vaut un hĂ©rosđ
à l'hÎtel Lutetia, l'un des lieux les plus prestigieux de Paris, on lui confie des décors monumentaux.
Et que peint-il ?
La mer.
Toujours la mer.
Les navires.
Les horizons.
Les voyages.Comme si l'Atlantique s'était invité dans les salons parisiens.
đ„
Puis vient la consécration.
Pierre Bompard devient
⚓ Peintre Officiel de la Marine.
VoilĂ .
Rideau.
Le gamin de Verdun embarque symboliquement sur tous les océans du monde.
Son regard devient celui de la France maritime.
Ses pinceaux deviennent des vigies.
Ses couleurs deviennent des cartes marines.
đ„
Pendant que beaucoup peignent des célébrités ou des mondanités, lui regarde les ports bretons.
Doëlan.
Les sardineries.
Les pĂȘcheurs.
Les quais.
Les cafés.
Les bateaux qui grincent.
Les hommes qui travaillent.
Le vrai monde.
Le monde du sel.
Le monde des tempĂȘtes.
Le monde que tu connais bien, Claude, entre archives maritimes et odeur de varech.
⚓
Mais Pierre Bompard ne s'arrĂȘte jamais.
La mer appelle.
Toujours.
Encore.
Toujours.
Elle frappe Ă la porte de son atelier comme un tambour lointain.
đ„
Alors il voyage.
Et un jour...
Cap sur la Polynésie.
Onze mois.
Onze mois de lumiĂšre.
Onze mois de lagons.
Onze mois d'aquarelles.
Onze mois de couleurs impossibles.
đŽ
Là -bas, il découvre quelque chose qui le choque.
La tombe de Gauguin.
Abandonnée.
Oubliée.
Silencieuse.
Alors Pierre Bompard fait ce que les grands artistes font rarement.
Il agit.
Sans discours.
Sans publicité.
Sans conférence.
De sa propre poche, il finance et reconstruit le monument funéraire de Paul Gauguin.
Pierres volcaniques rouges.
Pierres volcaniques noires.
Un hommage d'artiste Ă artiste.
Un marin des couleurs saluant un autre marin des rĂȘves.
đ
Ce geste raconte peut-ĂȘtre davantage l'homme que mille critiques d'art.
Car Pierre Bompard n'était pas seulement un peintre.
C'était un gardien de mémoire.
Un amoureux du patrimoine.
Un homme qui respectait ceux qui avaient ouvert la route avant lui.
đ„
Puis viennent les années de reconnaissance.
Les grandes décorations.
Le CollĂšge de France.
La préfecture de Vannes.
Les Salons.
Les jurys.
Les expositions.
Son nom circule partout.
Comme une marée montante.
Sans éclat tapageur.
Mais avec la force tranquille des grandes vagues.
⚓
En 1962, Pierre Bompard quitte ce monde.
Mais ses ports sont encore lĂ .
Ses marins sont encore lĂ .
Ses navires naviguent toujours dans ses tableaux.
Et lorsqu'on regarde ses Ćuvres, on entend presque :
Le cri des mouettes.
Le choc des amarres.
Le souffle du vent.
Le roulement du tambour de la mer.
đ„đ„đ„
Pierre Bompard n'a pas peint l'océan.
Il l'a embarqué dans ses toiles.
Et depuis plus d'un demi-siĂšcle, ses vagues continuent de naviguer d'un regard Ă l'autre.
Pierre Bompard (1890 - 1962) est nommĂ© Peintre de la Marine et s'embarque sur les traces de Gauguin pour la PolynĂ©sie. Quand il s’aperçoit que la tombe du grand Gauguin est laissĂ©e Ă l’abandon, son sang ne fait qu’un tour.L'Ćuvre reprĂ©sentĂ©e est un portrait intitulĂ© Portrait de Ouessantine peint par Pierre Bompard (1892-1962) Cette huile sur toile reprĂ©sente une femme de l'Ăźle d'Ouessant, vĂȘtue du costume traditionnel local caractĂ©risĂ© par la coiffe et les rubans noirs emblĂ©matiques, ainsi que le plastron colorĂ© brodĂ©. Le style montre une composition structurĂ©e aux volumes affirmĂ©s, lĂ©gĂšrement influencĂ©e par le mouvement cubiste tout en restant trĂšs attachĂ©e au rĂ©alisme rĂ©gionaliste
BOMPARD PierreOuessantine - (19)26 - huile sur toile - 61x46 cm -











Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire