vendredi, septembre 10, 2010

Marine et Religion.

Pour compléter la page "marine et religion" relevons ce que dit ,un officier de marine de l'ancien régime: " Scipion de Castries" dans ses mémoires, au sujet des monastères et de leur richesse au XVIII ém siècle.On voit dans ce texte que la religion était tres présente dans la pensée de la marine de l'ancien régime

"............A deux lieues du mouillage que j'occupais se trouvait l'abbaye de Prières appartenant à l'ordre de Citeaux,elle était immensément riche et avait un noviciat.Son abbé M de Meaux était un religieux de l'ordre parce que c'était une abbaye régulière.J'aurais fort désiré y allait passer quelques jours,ma santé s'était singulièrement améliorée pendant le mauvais temps que j'avais essuyé et il me semblait qu'un peu de repos pris dans une aussi belle solitude aurait achevé de me remettre,mais il m'était impossible de faire le trajet à pied et je m'occupais des moyens que je pourrais employer pour me procurer une voiture dans les environs lorsqu'on vint m'avertir qu'une chaise attelée de deux chevaux était arrêtée sur le bord de la rivière en face de ma frégate et que le conducteur faisait signe pour qu'on lui envoyât une chaloupe. J'en donnait l'ordre tout de suite et dès qu'elle fut arrivée à terre,je vis deux religieux vêtus de blanc s'y embarquer et la chaloupe se dirigea vers mon bord.L'officier de garde fut les recevoir et les conduisit dans ma chambre de conseil.......... ........................... .....................................................

".........Les propriétés du clergé,avant la révolution étaient sans contredit les mieux cultivées qu'il y eût en France,surtout celles que les moines faisaient valoir pour leur propre compte.Leurs rentiers étaient parfaitement heureux et c'est vrai qu'il était rare qu'ils en changeassent.Ils se succédaient de père en fils dans leurs domaines.Lorsque les années étaient désastreuses par les accidents de la température,comme les pluies trop abondantes,les extrêmes sécheresses,le malheur de la grêle ou des inondations en un mot tous les genres d'événements fâcheux auxquels les cultivateurs sont exposés alors, dis-je les moines venaient au secours de leurs fermiers avec une générosité et une charité touchante,il est bien certain qu'on ne peut être vraiment généreux que par l'économie;les moines étaient fort économes aussi leur charité était-elle inépuisable,on ne voiyait pas de pauvre sur leur propriété,ni dans les villages dont ils étaient les seigneurs.Obligés de vivre d'une manière uniforme et invariablement réglée,leur dépense pour la nourriture pour l'ameublement et les vêtements était toujours la même.Leur revenu était infiniment plus considérable que leur dépense obligée.Il leur restait alors des sommes tres fortes en réserve au moyen desquelles ils pouvaient entretenir leur domaine dans le meilleur état et faire chaque année des améliorations qui augmentaient leur richesse. Ces richesses étaient d'abord employées à des charités immenses,tous les pauvres des environs trouvaient à l'abbaye et à des heures fixes la nourriture journalière qui leur était nécessaire.les voyageurs des dernières classes de la société trouvaient chez eux une hospitalité de trois jours francs pour se remettre de leur fatigue et pouvoir continuer leur route.Aucun pauvre d'ou qu'il vint n'était renvoyé sans avoir reçu la subsistance qui lui était nécessaire.Et ces devoirs remplis,les moines s'occupaient de tout ce qui était relatif au culte et aux soins de l'église.C'était là ou ils étalaient vraiment ce luxe respectable qui leur a été si amèrement reproché par ceux qui les ont dépouillés.Les tableaux des meilleurs maîtres,les ornements les plus riches,les vases sacrés ornés des plus belles pierreries,les bois les plus précieux tirés à grand frais au-delà des mers,rien n'était épargné pour l'embellissement de leur temple ,mais comme ces dépenses n'étaient faites que de l'excédent de leur revenu,après qu'ils avaient satisfait à toutes les autres obligations qui leur étaient imposées par devoir,il en résultait nécessairement une sorte de perfection dans le régime de leurs maisons.... Dès que la voiture qui me conduisait entra dans la cour de l'abbaye,je trouvais au bas de l'escalier le père procureur de la maison et le religieux que l'on appelle le père aux hôtes,c'est celui qui est chargé du soin de recevoir les étrangers et de leur faire les honneurs,il est pour ainsi dire à leurs ordres..................................................................... Les circonstances de mon séjour à l'abbaye de Prières ou l'on exerça à mon égard une hospitalité si aimable et si obligeante m'a fait entrer au sujet des moines dans des détails qui paraîtront puérils et minutieux,mais on a dit tant de mal de ces cénobites lorsqu'on a voulu les dépouiller et le mal s'accrédite si vite que j'ai voulu prémunir mon neveu à cet égard et lui prouver qu'a force de calomnier les révolutionnaires ont voulu atténuer ,aux yeux du peuple qui éprouvait journellement les bienfaits des moines ,ce que leur atroce conduite avait d'odieux et de révoltant. La spoliation du clergé est sans contredit le brigandage le plus révoltant et le plus atroce qu'on puisse trouver dans les annales d'aucun peuple.Les biens du clergé provenaient dans l'origine de la munificence de nos Rois en partie et en partie de la générosité de la noblesse riche et de la piété de quelques particuliers.Mais ces biens étaient loin d'être en culture.Les moines extrêmement nombreux les défrichaient de leurs propres mains,ils desséchaient des marais,perçaient des forêts impénétrables,par ce moyen ils assainissaient le pays et rendaient un service inappréciable..............................................................................................."

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