EUGÈNE ISABEY (1803-1886, French)
«The American fleet caught in the storm (I)», date unk.
ACTIONS .EMPRUNTS. OBLIGATIONS DE COMPAGNIES MARITIMES.
un peu d'histoire.🌍 Félix Ziem (1821–1911) : Le peintre-voyageur aux reflets vénitiens
Félix-François Georges Philibert Ziem, né à Beaune le 25 février 1821 et mort à Paris le 10 novembre 1911, est l’un des peintres les plus singuliers du XIXe siècle. Rattaché à l’École de Barbizon et au mouvement orientaliste, il est surtout connu pour ses marines, ses vues de Venise, et ses paysages baignés de lumière. Nommé Peintre officiel de la Marine en 1901, il incarne une peinture libre, colorée, et profondément inspirée par le voyage.
🏛️ De l’architecture à la peinture
Ziem commence sa formation à l’École des Beaux-Arts de Dijon, où il étudie l’architecture. Un différend avec l’administration le pousse à quitter la Bourgogne en 1839 pour rejoindre son frère à Marseille. Il travaille alors sur le chantier de l’aqueduc de Roquefavour, mais sa passion pour le dessin l’emporte.
Une rencontre décisive avec le duc d’Orléans, qui lui commande des aquarelles, l’encourage à se consacrer pleinement à la peinture. Il ouvre une école de dessin sur le Vieux-Port et commence à exposer dès 1849 au Salon de Paris, où ses vues du Bosphore, de Rome et de Venise séduisent le public.
🌊 Venise, muse éternelle
À partir de 1842, Ziem découvre Venise, qui devient sa principale source d’inspiration. Il y peint :• Le Grand Canal, la Salute, les gondoles
• Des scènes élégantes sur les quais
• Des ciels flamboyants, des reflets mouvants
Ses vues de Venise, souvent idéalisées, sont baignées d’une lumière dorée et d’une atmosphère romantique. Il y revient régulièrement, y installe un atelier, et en fait le cœur de son œuvre.
🕌 L’Orient rêvé
Ziem est aussi un grand voyageur : il parcourt l’Italie, la Russie, Constantinople, l’Égypte, le Caire, Khartoum. Ces périples nourrissent son imaginaire orientaliste :
• Marchés animés
• Mosquées et minarets
• Paysages désertiques et scènes exotiques
Son style, libre et coloré, le distingue des académismes. Il est considéré comme un précurseur de l’impressionnisme, bien qu’il reste fidèle à une figuration lyrique.
⚓ Peintre officiel de la Marine
En 1901, Ziem est nommé Peintre officiel de la Marine. Cette reconnaissance tardive couronne une carrière déjà immense. L’État lui commande un tableau représentant les escadres françaises et italiennes dans la rade de Toulon, lors de la visite du président Émile Loubet.
🖼️ Une œuvre monumentale
Ziem laisse une œuvre considérable :
• Plus de 4000 toiles
• Des centaines de dessins et aquarelles
• Des œuvres conservées au Petit Palais à Paris, au musée Ziem à Martigues, et au musée des Beaux-Arts de Beaune
Il reçoit de nombreuses distinctions :
• Chevalier de la Légion d’honneur (1859)
• Officier (1878)
• Commandeur (1905)
Félix Ziem est un peintre du monde, un coloriste flamboyant, un voyageur inspiré. Sa peinture est une invitation à l’évasion, entre les canaux de Venise et les rivages de l’Orient.
ZIEM Félix peintre.
🌊 François Desnoyer : L’Artiste aux Couleurs du Large
Né à Montauban le 13 septembre 1894, François Desnoyer est un peintre, sculpteur et lithographe français dont la carrière traverse les grands bouleversements du XXe siècle. S’il est parfois qualifié de peintre de marine, c’est surtout à travers son attachement à la Méditerranée et à la lumière du Sud que son œuvre prend toute sa dimension.
🎨 Une vocation forgée dans l’adversité
Issu d’un milieu modeste, fils d’un maître d’armes, Desnoyer s’installe à Paris en 1912 contre l’avis de son père, encouragé par le sculpteur Antoine Bourdelle. Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il est blessé en 1917 et fait prisonnier en 1918. Durant cette période sombre, il dessine pour ne pas sombrer dans le désespoir, envoyant à sa grand-mère des croquis empreints d’humanité.
🖌️ L’éveil artistique et les influences
Après la guerre, il fréquente les milieux artistiques parisiens et entre aux Arts décoratifs en 1921. Il expose au Salon des Indépendants, au Salon d’Automne et à la Société nationale des Beaux-Arts. Ami proche d’Albert Marquet, peintre officiel de la Marine, Desnoyer partage son atelier et s’imprègne du fauvisme et de la peinture de paysage.
⚓ Une relation singulière à la mer Bien qu’il ne soit pas exclusivement peintre de marine, Desnoyer est nommé Peintre Officiel de la Marine en 1952, un titre qui consacre son regard sur les ports, les bateaux et les rivages. C’est à Sète, où il s’installe après la Seconde Guerre mondiale, que son œuvre maritime prend forme. Il y peint les quais, les voiliers, les pêcheurs, capturant la vie littorale avec une palette vive et expressive.
🌍 Voyages et ouverture au monde
Desnoyer voyage en Algérie, en Tchécoslovaquie, en Inde, au Japon et en Asie, nourrissant son art de paysages lointains et de cultures diverses. Ces périples enrichissent sa peinture d’une dimension orientaliste et d’une sensibilité universelle.
🏛️ Héritage et reconnaissance
François Desnoyer meurt à Saint-Cyprien le 21 juillet 1972. Ses archives sont conservées au musée de Saint-Cyprien, qui lui rend hommage à travers des expositions régulières. Son œuvre, marquée par la lumière, la couleur et l’humanité, continue d’inspirer les amateurs d’art et les passionnés de mer.
DESNOYER François peintre de marine.
🌊 Maxime Maufra : Le chantre des côtes bretonnesMaxime Maufra (1861–1918), né à Nantes, est un peintre, graveur et lithographe français dont l’œuvre célèbre les paysages maritimes, en particulier ceux de la Bretagne. Nommé peintre officiel de la Marine en 1916, il a su capter la force et la poésie des côtes françaises avec une sensibilité unique.
🎨 Une vocation tardive mais passionnée
• Maufra commence par une carrière commerciale, imposée par son père.
• C’est lors d’un séjour en Angleterre qu’il découvre la peinture de Turner, qui le bouleverse.
• De retour en France, il s’initie à l’impressionnisme avec Charles Le Roux et expose dès 1886 au Salon de Paris.
🖌️ Pont-Aven et l’influence de Gauguin• En 1890, il s’installe à Pont-Aven, haut lieu de la peinture moderne.
• Il fréquente Paul Gauguin, Paul Sérusier et les artistes du synthétisme, qui influencent son style : aplats de couleurs, formes décoratives, et spiritualité du paysage.
• Il réalise aussi des gravures avec Émile Dezaunay dans l’atelier d’Eugène Delâtre.
🌅 Peintre de la mer et des lumières
• Maufra peint les côtes bretonnes, les rochers battus par les vagues, les bateaux échoués, les landes de bruyère.
• Il séjourne à Quiberon, la Pointe du Raz, Crozon, et Belle-Île, qu’il immortalise dans des œuvres puissantes et lumineuses.
• Bien qu’il soit nommé peintre de la Marine, il reste un observateur terrestre, préférant les vues depuis la côte aux scènes embarquées.
🏡 Vie personnelle et reconnaissance
• Il épouse Céline Le Floch à Londres en 1895.
• En 1903, il s’installe à Kerhostin, où il peint jusqu’à sa mort en 1918.• Son marchand, Paul Durand-Ruel, organise de nombreuses expositions qui assurent sa renommée.
✨ Héritage artistique
Maxime Maufra laisse une œuvre riche, entre impressionnisme et symbolisme, où la mer devient un miroir de l’âme. Son regard sur la Bretagne, à la fois rude et poétique, continue d’inspirer les amateurs d’art maritime.
MAUFRA Maxime peintre officiel de la marine.
Avant les drones.Avant Instagram.
Avant les influenceurs qui filment les vagues en ralenti.
Il y avait Maxime Maufra.
Le garçon débarque en Bretagne avec son chevalet et découvre un monde où la mer semble avoir oublié de se calmer.À Pont-Aven, certains parlent théorie.
D'autres parlent couleurs.
D'autres encore discutent pendant des heures du vert Véronèse.
Pendant ce temps, Maufra regarde l'océan.
Et l'océan répond :
"Viens plutôt peindre mes tempêtes."
Mission acceptée.
🌊Direction Quiberon.Direction la pointe du Raz.
Direction Crozon.Partout le même spectacle.Le vent hurle.
Les vagues montent à l'assaut des rochers.Les nuages arrivent en escadrilles.Le soleil tente une percée.Trois minutes plus tard tout recommence.
Pour un peintre normal, c'est l'enfer.Pour Maufra, c'est le paradis.
🎨Là où d'autres voient du mauvais temps,
lui voit une symphonie. Un ciel gris ?Une couleur.Une bourrasque ?
Une couleur.Une pluie qui arrive de travers ?Encore une couleur.
La Bretagne devient son atelier géant.Sans murs.Sans plafond.
Sans limite.
🌊Maufra ne cherche pas le petit détail.Il cherche l'infini.
Les grands horizons.Les cieux immenses.Les espaces capables de faire sentir au visiteur l'odeur des algues et le goût du sel.
Quand il peint une côte bretonne, on entend presque les goélands.
Quand il peint une tempête, on a envie de vérifier si les fenêtres de la maison sont bien fermées.
⚓Pendant que Paris s'agite,Maufra repart vers l'océan.
Encore.Toujours.Comme un marin qui aurait remplacé la boussole par une boîte de couleurs.Il poursuit la lumière.La vraie.Celle qui dure dix secondes.
Puis disparaît à jamais.
🎨🌊Aujourd'hui encore, ses tableaux ressemblent à des fenêtres ouvertes sur une Bretagne sauvage.Une Bretagne où l'on sent le vent pousser les nuages.
Né à Nantes le 17 mai 1861, Maxime Maufra appartient à cette génération de peintres qui ont accompagné l'aventure du postimpressionnisme tout en conservant une personnalité profondément indépendante. Peintre, graveur et lithographe, il a consacré sa vie à capturer les lumières changeantes du littoral français, faisant de la Bretagne l'un des territoires majeurs de son inspiration.
Ses premiers pas artistiques se déroulent à Nantes auprès de Charles et Alfred Leduc. Le jeune homme s'exerce alors en peignant les paysages des bords de Loire. Son père nourrit toutefois pour lui d'autres ambitions et l'oriente vers une carrière commerciale. Un séjour linguistique à Liverpool va pourtant bouleverser son destin.
En Angleterre, Maufra découvre l'œuvre de Turner. Cette révélation artistique est décisive. Il visite également le Pays de Galles et l'Écosse dont les ciels tourmentés et les vastes paysages marqueront durablement son imaginaire. De retour en France en 1884, il partage son temps entre ses activités professionnelles et sa passion pour la peinture, tout en se rapprochant progressivement des courants impressionnistes grâce à l'influence de Charles Le Roux.
Sa carrière prend un véritable essor en 1886 lorsqu'il attire l'attention du critique Octave Mirbeau. La même année, il expose à Nantes aux côtés de plusieurs grands noms de la peinture française tels qu'Eugène Boudin, Camille Pissarro, Auguste Renoir, Alfred Sisley, Georges Seurat ou encore Armand Guillaumin.
Durant les années suivantes, il parcourt sans relâche les côtes de Normandie et de Bretagne. Les ports, les plages, les falaises et les marines deviennent ses sujets privilégiés. Cette quête de lumière le conduit naturellement à Pont-Aven où il séjourne en 1890.
La rencontre avec Paul Gauguin et Paul Sérusier constitue alors une étape importante de son évolution artistique. Il découvre les recherches du synthétisme et l'usage de larges surfaces colorées. Même s'il adopte certaines innovations de l'école de Pont-Aven, Maufra conserve son indépendance. Il refuse de se soumettre à une théorie et préfère suivre son propre regard.
Il résumera lui-même son approche avec une certaine ironie :« On peut peindre avec du noir... Le tout est d'être peintre. »
Cette liberté de ton caractérisera toute sa carrière.
Décidé à vivre désormais de son art, il s'installe à Pont-Aven puis fréquente Le Pouldu où il côtoie plusieurs figures importantes de l'avant-garde bretonne. En parallèle, il développe une activité de graveur et réalise ses premières estampes sous l'influence de Gauguin.
En 1893, il devient le premier occupant du futur légendaire Bateau-Lavoir à Montmartre, bien avant Picasso. Son atelier accueille alors artistes, écrivains et intellectuels parmi lesquels Émile Dezaunay, Aristide Briand et le poète Victor-Émile Michelet.Sa réputation grandit régulièrement grâce aux expositions organisées par la galerie Durand-Ruel, l'un des plus prestigieux marchands d'art de son époque. Cependant, loin des salons parisiens, Maufra préfère les grands espaces.
À un ami, il écrit en 1897 :
« Je cherche les grands horizons, les cieux !... Je voudrais que les paysages soient classiques, simples et immenses. »Cette phrase résume à elle seule son œuvre.
Les années passent entre voyages et séjours en Bretagne. Quiberon, la pointe du Raz, Crozon ou encore les côtes sauvages du Finistère deviennent des ateliers à ciel ouvert. En 1903, il s'installe à Kerhostin, dans la presqu'île de Quiberon, où il acquiert une modeste ferme qu'il transformera en refuge artistique.
Reconnu par ses contemporains, Maxime Maufra participe à la fondation du Salon d'Automne en 1903 aux côtés de Frantz Jourdain. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1906 puis peintre de la Marine en 1916.
Attaché à sa Bretagne d'adoption, il s'engage également dans le mouvement régionaliste breton et contribue activement à la vie culturelle de la région.
Le 23 mai 1918, alors qu'il peignait encore en plein air près de Poncé-sur-le-Loir, Maxime Maufra est frappé par une crise cardiaque. Il s'éteint presque le pinceau à la main, fidèle jusqu'au dernier jour à sa passion des paysages.
Aujourd'hui, son œuvre demeure l'un des plus beaux témoignages de la Bretagne de la Belle Époque. Entre ciel, mer et lumière, Maxime Maufra a laissé des tableaux qui continuent de faire souffler le vent du large sur les amateurs de peinture.
Deux paysannes, vêtues de longues robes noires et de coiffes blanches typiquement bretonnes, s’éloignent sur un chemin de campagne baigné de lumière ; au bout de leur route, une maison au toit d’ardoise et des arbres malmenés par le vent. Ces deux silhouettes paraissent bien frêles face à la rudesse de la nature. Bien que Maxime Maufra ne se soit jamais laissé totalement séduire par le synthétisme d’Émile Bernard et de Paul Gauguin, on perçoit dans cette composition, précoce dans sa carrière, leur influence dans les formes épurées, une touche moins hachurée et le rendu presque irréel de ce paysage à la fois expressif et mystérieux. Durant l’année 1893 justement, Maxime Maufra, installé au Bateau-Lavoir à Montmartre, reçoit la visite de son ami Gauguin, de retour de Polynésie. Ce dernier observe ses dernières œuvres peintes en Bretagne, où il se rend chaque année, et le félicite. A-t-il vu parmi elles ces Arbres fantastiques ? Les deux hommes s’étaient rencontrés en 1890 à Pont-Aven, où Maufra séjournait à la pension Gloanec. Nantais d’origine, initié à la peinture par les frères Charles et Alfred Leduc, l’artiste effectue ses études en Grande-Bretagne. Son père veut faire de lui un homme d’affaires, mais ce séjour lui permet surtout de découvrir Turner et les paysages naturalistes. De retour en France, en 1884, il poursuit sa formation artistique auprès de Charles Le Roux, avant que son travail ne soit repéré au salon de Paris, en 1886, par Octave Mirbeau. Il expose ensuite régulièrement, notamment chez son marchand Paul Durand-Ruel, et alterne les séjours entre la capitale, la Normandie et la Bretagne, une région qu’il n’abandonnera jamais. Ainsi, il s’installe en 1903 dans le petit village de Kerhostin, dans le Morbihan, pour se consacrer jusqu’à la fin de sa vie aux paysages locaux, qu’il transcrit dans des couleurs claires et une touche hachurée et dynamique… qui font de lui l’un des peintres postimpressionnistes les plus apprécié
maxime Maufra montait sur la première marche du podium grâce un paysage breton disputé jusqu’à 40 870 €. Son sujet marin, parfaitement restitué par l’auteur ? La Marée montante, côte de Quiberon , qui a été brossée sur une toile signée (60 x 81 cm) et est passée…